Biennale épHémères 2021#8 : Norton MAZA – Miguel PALMA, Médiathèque de Prigonrieux

Biennale épHémères 2021, édition 8
3 juillet > 30 septembre
7 artistes, 6 lieux

Parcours artistique croisant art contemporain
et patrimoine en Sud Dordogne-Périgord

Médiathèque de PRIGONRIEUX

Norton MAZA – Miguel PALMA

partenariat FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

Les artistes

Norton MAZA – un plasticien lanceur d’alerte

Quand des rebuts, revisités, dénoncent et bousculent les habitudes

Norton Maza est un artiste polyphonique – installations, dessins, photographies, assemblages. Son matériau est pauvre et significatif : le détritus. Chilien, exilé très jeune vers la France, il vit depuis entre ce pays et l’Amérique latine.  Lorsqu’il travaille dans un lieu déterminé, ses créations mettent en scène – mettent en cause – l’environnement dans lequel elles interviennent. Il interpelle sans discontinuer une civilisation problématique : inégalité des richesses, immigration, exclusion, mondialisation, perte d’identité, atteintes au vivant… Ses créations sont élaborées avec des éléments dénonciateurs : des déchets, des objets de récupération, autant de moyens « d’infortune » qu’il « customise » ou « rafistole » pour leur rendre une certaine vie.
En 1996, Norton Maza n’a que 25 ans et se souvient peut-être de son enfance. Il crée à Périgueux (Dordogne) La necessidad de jugar (la nécessité de jouer), une accumulation de jouets trouvés dans des poubelles, des greniers, par le bouche-à-oreille… Il les restaure avec différents matériaux, principalement du bois. Réparés, réinventés, ces objets prennent une vie, une esthétique et une signification nouvelles qui portent déjà le sens de son imperturbable démarche. Ce lifting leur donne une autre histoire qui n’efface pas les dégâts visibles sous les restaurations. Ils sont placés sagement dans une étagère vitrée « comme pour accentuer l’histoire brisée » note Isabelle Rocton du FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine.
Norton Maza a ensuite conçu le vaste projet Territory. Il souhaite aboutir à la construction d’une maison ‘récup’ suivant des modèles trouvés dans les médias. Une première étape est présentée à la Biennale de Pancevo (Serbie, 2004) : une cuisine américaine conforme à une image publicitaire, n’utilisant que des déchets et matériaux de récupération.  Pour Michèle Grellety*, “Norton Maza confronte les valeurs établies par la tyrannie de la consommation aux valeurs inspirées par le manque et choisit des modalités qui favorisent l’échange des désirs. Les jeux de son enfance au Chili, puis en France et à Cuba, lui ont enseigné la relativité des valeurs imposées par la société de consommation et la valeur infinie de la créativité”. Après la cuisine, la chambre des parents a été réalisée à Québec et celle du jeune garçon, semblable à une cabane de bidonville, lors d’une résidence d’artiste à La Souterraine (Limousin, 2006).
Depuis lors, d’œuvre en œuvre, Norton Maza dénonce la déshumanisation universelle. Il nous dit (non sans humour et sans nous faire la morale) qu’« il pourrait y avoir autre chose… »

* Alors déléguée départementale aux arts plastiques du Périgord, dans le catalogue Valeurs accompagnant la Biennale de Pancevo.

Miguel PALMA – ingénieur de l’impossible

Miguel Palma – Shell Platform – collection FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

« Il est important de savoir comment faire du feu. En devenant un spécialiste,
 l’homme a perdu ce besoin. »

« Je ne veux pas savoir exactement comment fonctionne une boite de vitesse dans une voiture. Ce qui m’intéresse c’est d’être capable de regarder tout cela et de construire, d’une manière plus empirique, mes objets, mes oeuvres » dit Miguel Palma. Et il ajoute une petite phrase qui en dit long : « par-dessus tout, je veux que toutes les parties importantes aient une fonction, laquelle, à cause de la complexité technologique employée, donne au travail une apparence non artistique. »*

Miguel Palma est un de ces artistes-ingénieurs, ces inventeurs de machines, tels Léonard de Vinci, Tinguely ou Panamarenko. Il lance Engin (1993) un prototype de bolide qui a réellement effectué la distance Lisbonne-Porto et a été présenté à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne aussi bien qu’au Salon International de l’Automobile en 1994. Deux ans plus tard, Miguel Palma s’intéresse à la pollution avec Écosystème, une étrange mécanique de rejet et d’absorption de la poussière fonctionnant en vase
clos et en toute inutilité. En 2006, il installe Autofocus, une machine propulsée par une hélice, évoluant sur des rails portant une caméra. Autofocus tourne autour d’une représentation de la terre en mouvement et l’image créée est diffusée sur un écran faisant référence à Google Earth.
L’univers inventif et complexe de Miguel Palma est ironique, décalé, absurde, distancié. Tout fonctionne et rien n’est sérieux. Ses installations interpellent sur le confort, l’environnement, le pouvoir, la technologie que l’homme crée pour le meilleur et le pire – et sa vision n’est pas forcément optimiste, nullement naïve, certainement ludique.
Ce bricoleur surdoué s’attaque à différents formats, peu encombrants (dessins, vidéos, livres d’artiste…) ou de grande dimension, comme ces « maquettes » ambitieuses de projets sans doute irréalisables. Ainsi Follow me (un avion, une architecture, un écran d’ordinateur…) pourrait devenir une sculpture géante destinée à un aéroport. Quant à Shell Platform (un socle portant une plateforme pétrolière surmontant elle-même un globe terrestre inversé), il s’agit d’une œuvre emblématique de son travail, à la fois ludique et interpellant, qui a été acquise par le FRAC-Artothèque Nouvelle-Aquitaine. Le globe terrestre, aux proportions bien moins impressionnantes que la plateforme qui le surmonte, est sens dessus dessous. Le pétrole, métaphore de la mondialisation économique et polluante, est solidement campé sur une planète inversée. L’avenir ?

*Miguel Palma, linha de montagem / assembly line, fundacao Calouste Gulbenkian, 2011

♦ Le lieu

Les médiathèques sont des espaces de culture, d’échanges, d’animations… Gérée par la CAB (communauté d’agglomération bergeracoise) celle de Prigonrieux est particulièrement accueillante. Ses 560m2 structurent habilement des espaces de présentation spécifiques cependant que l’architecture « ouverte » invite à la curiosité. On peut ainsi naviguer d’une découverte à l’autre : jeter un coup d’œil sur la presse, cligner de l’œil vers les BDKids ou les romans policiers, s’attaquer à la littérature « sérieuse », regarder des vidéos dans la salle multimédia. Chacun est bienvenu, à tout âge, et une jonchée de matelas accueille les tout petits – dont les bébés lecteurs.
Au-delà des fonctions classiques d’une médiathèque (consulter sur place, emprunter…), celle de Prigonrieux privilégie les expositions. Intégrée dans le parcours, une jolie salle arrondie les accueille.

Cet été, ‘épHémères’ y fera halte et dévoilera des œuvres de Miguel PALMA et de Norton MAZA. Leurs installations, si proches du monde de l’enfance, reflètent aussi les interrogations d’un monde en mutation et s’accorderont tout naturellement avec un lieu dédié aux idées et à l’imaginaire.

♦ Les pages des artistes invités (à venir)

♦ Installation (à venir)

♦ Vernissage

♦ Infos pratiques / Médiathèque de PRIGONRIEUX

→ Situation

Localisation et coordonnées de la médiathèque
Coordonnées GPS : 44.85496, 0.40506
2 rue Jacques Prévert 24130 Prigonrieux
05.53.61.55.40
mediatheque.prigonrieux@la-cab.fr

→ Horaires
mardi, mercredi, vendredi, samedi : 14h – 18h

♦ Toutes les Infos pratiques

♦ Continuer le parcours d’épHémères 2021

Artistes, œuvres et lieux

♦ Presse

♦ Partenaires et soutiens

L’association Les Rives de l’Art est membre de ASTRE – Réseau des Arts plastiques et visuels en Nouvelle Aquitaine.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est logo-astre-horizontal-2019.jpg

Retrouvez Les Rives de l’Art sur facebook

Biennales épHémères 2021 #8                                                         les Biennales épHémères

haut de page