EPHEMERES 2013 cité dans le journal gratuit « junkpage »


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Dans la vallée
À l’occasion de sa 4e édition, le festival Éphémères invite sept plasticiens à investir chacun un site remarquable du patrimoine architectural et paysager de la moyenne vallée de la Dordogne. 

 Benoît Schmeltz © DR

Benoît Schmeltz © DR


PLEIN AIR par Marc Camille
Éphémères, du 6 juillet au 30 septembre, vernissage le samedi 6 juillet à 19 h 30 au château de Monbazillac. Œuvres à découvrir à Sainte-Alvère, Monbazillac, Mauzac, Lalinde, Couze-et-Saint-Front et Creysse (24).
Sculptures, installations, photographies ou vidéo projections se greffent dans le paysage périgourdin le temps d’un été et s’offrent ainsi au regard du public comme à celui de passants. Parmi les œuvres sélectionnées cette année par la commissaire d’exposition Annie Wolff, citons l’installation de l’artiste de Land Art, Mireille Fulpius, sur les rives du canal de Lalinde, les projections d’images animalières de Bertrand Gadenne dans le château de Monbazillac ou encore la délicatesse de l’intervention de Cornélia Konrads sur la façade du manoir de La Rouzique, à Couze-et-Saint-Front.
Dans cette traversée de la Dordogne, faisons un détour par l’église de Sainte-Alvère, où le plasticien Benoît Schmeltz donne à voir deux photographies argentiques tirées sur panneau de bois grand format, inspirées de la légende d’Alvéréna, jeune martyre du ixe siècle ayant donné son nom au village. Rencontre.
Pourquoi avoir choisi de travailler autour de la légende d’Alvéréna ? 
Benoît Schmetlz : En découvrant le buste en bois trempé, le reliquaire d’Alvéréna, cela s’est imposé comme une évidence. Cette sculpture du xive vous transperce, elle a annihilé le temps pour être le torse nu des Femen. La jeune fille violentée, brutalement assassinée, reste l’icône de la violence faite aux femmes. Mais mon interprétation picturale, c’est la figure masculine. Ce sont eux les acteurs, eux qui désirent et détruisent, eux les mêmes qui pleurent et crient vengeance.
Vous avez choisi de revisiter de grands thèmes religieux comme la Vierge à l’enfant ou la Nativité. Comment avez-vous composé ces images ?
BS : Face à ce fait divers brutal, j’ai voulu un contrepoint plus introspectif. Pas seulement la naissance du sauveur qui dit-on endosse et pardonne, mais l’enfant questionnant ses semblables en pointant du doigt le réel, avec une figure de la Vierge quelque peu ambiguë.
Les techniques utilisées, ici le tirage sur panneaux de bois, les supports choisis et la récurrence de certains sujets comme l’eau, la pêche, les poissons ou la figure de la jeune femme évoquent la dimension mystique de votre travail.
Entretenez-vous un rapport sacré à la création ?
BS : Par la force des choses, ce support bois impose une immersion obsessionnelle, exténuante et ingrate avec les matières organiques et minérales : colle de peau, eau, chimie ; transformer les molécules dans le noir et ne plus dormir : tout ça pour une image, une pensée sur retable. Vous me parliez des poissons, des choses bibliques, récurrentes et mystiques de mon travail. Oui, il s’agit autant de chamanisme et de sorcellerie que de photograph
ie.   Marc Camille

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