Biennale épHémères 2019 #7 : Pedro MARZORATI, port de Tuilières/MOULEYDIER

 

Biennale épHémères 2019 #7
Parcours artistique
Art contemporain et patrimoine en Sud Dordogne-Périgord
6 juillet – 30 septembre 2019

 

Mouleydier, à Tuilières, port de Tuilières

Pedro MARZORATI
Mano à mano

Avec nos remerciements à Pedro Marzorati pour le droit d’utilisation des photos de ©bigChiquitito, à l’usage exclusif du site internet des Rives de l’Art ; DR photos©bigChiquitito/ADAGP

Mano à mano, Pedro Marzorati ; DR photo©bigChiquitito/ADAGP ; Biennale épHémères 2019, édition 7; port de Tuilières à Mouleydier (Dordogne) ; Association Les Rives de l’Art

Mais qui a imaginé cet étrange port de pêche ?

« L’Homme a la capacité de modifier le monde qui l’entoure par ses actions, et sa main, celle qui manie les outils, peut tour à tour être créatrice ou destructrice, selon les choix qu’il fait et les décisions qu’il prend. Ma nouvelle série Mano à Mano met en scène celui qui s’acharne à façonner ce destin commun. »
Ces mains capables du meilleur et du pire, Pedro Marzorati les dépose pour nous interpeller dans des lieux très différents. Cela peut être, par exemple, au flanc d’une montagne, à 2000 mètres d’altitude, où les promeneurs en seront les découvreurs. Ce fut le cas au Val d’Escreins, dans les Hautes Alpes, lorsqu’une main articulée de cinq mètres de long avait été taillée dans des troncs de mélèzes environnants. Ou, d’une tout autre manière, aux pieds de la patricienne maison du Moussel à Andrésy  (Yvelines). Cette fois, deux mains tentaient de se rejoindre,  l’une sortant de la façade fin XIXe, l’autre émergeant du parc, l’ensemble pesant quelque vingt tonnes de bois. Pour Pedro Marzorati cette œuvre double « parle de tout ce que l’homme peut faire de bien ou de mauvais ».
Pierre Bongiovanni, commissaire de cet événement, citait pour sa part Claude Levi-Strauss à cette occasion : « En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de sociétés dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial le plus clair de son patrimoine, jamais, sans doute, il n’a été plus nécessaire de dire, comme font les mythes, qu’un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour propre ; et que même un séjour de deux ou trois millions d’années sur cette terre, puisque de toute façon il connaîtra un terme, ne saurait servir d’excuse à une espèce quelconque, fût-ce la nôtre, pour se l’approprier comme une chose et s’y conduire sans pudeur et discrétion ».

Mano à mano, Pedro Marzorati ; DR photo©bigChiquitito/ADAGP ; Biennale épHémères 2019, édition 7; port de Tuilières à Mouleydier (Dordogne) ; Association Les Rives de l’Art

L’étrange et symbolique sculpture Mano à Mano est invitée à se poser dans un espace à sa mesure (elle en paraîtra d’autant plus grande), au petit port de TUILIERES, à deux pas des hommes bleus, ses compagnons d’imagination. La tâche est gigantesque, cumulant le travail de bûcheron, d’ébéniste, de polisseur, de sculpteur, d’installateur, de poète. Heureusement, le metteur en scène est aussi artiste…

Merci à Véronique Audit photographies pour le droit d’utilisation de ses photos sur ce site internet.

♦ Le lieu

Entre le canal de Lalinde et la Dordogne, la Voie verte, dénommée aussi Vélo route 91, reliera bientôt Souillac à Libourne (240 km).
En aval du barrage de Tuilières, la Voie verte entre non aménagée dans le village de Tuilières et en ressort en Vélo route : les eaux de la rivière Dordogne se fondent dans une petite échancrure arrondie de la rive droite, le port de Tuilières, dont bon nombre d’habitants était autrefois bateliers.

Tuilières, un port batelier très actif
Ce petit ancrage au bord de la Dordogne a le charme des lieux oubliés dont on pressent qu’ils recèlent une histoire particulière liée à leur environnement.
Jusqu’au siècle dernier s’y trouvait un port batelier très actif. Les bœufs aidaient les chevaux à tirer les gabarres remontant la Dordogne. Les bateliers trouvaient gîte et couvert à l’étage d’une maison située dans la rue du Port, celle qui s’en va vers les écluses : 21 places étaient à leur disposition pour passer la nuit. Utilisant godille, gaffe ou rames, des passeurs permettaient de traverser la rivière en barque jusqu’au port de St-Agne.
L’activité commerciale était intense dans la grande maison de la « place du Port » (actuellement transformée en gîte). On pouvait y acheter des acquis pour le transport du vin, des plaques d’immatriculation de vélos, des protections de toile à poser sur les yeux des bœufs pour empêcher qu’ils ne soient attaqués par les insectes, ainsi que… des couronnes mortuaires en perles confectionnées par les femmes des environs.
Les murs de soutènement qui jalonnent le port sont en pierre et les arbres, plantés à leurs abords, les maintiennent grâce à leurs racines.
L’espace en surplomb qui accueille Mano à Mano abritait des toilettes publiques utilisant l’eau du puits comme chasse d’eau. Quelle meilleure illustration des modifications que l’homme peut apporter aux lieux !

Nous remercions vivement Mme Marie-Louise Charrière, mémoire du village/port de Tuilières, ainsi que Maryvonne Bournazel qui a recueilli ses propos.

♦ La page de l’artiste invité


♦ Installation

Avec des températures caniculaires…

Merci à Gérard, Jean-François B., ainsi qu’à Jean-François Noble, régisseur de la Biennale épHémères 2019.

♦ Vernissage

♦ Infos pratiques/Tuilières

→ Situation


→ A Tuilières

Clic… agrandir !

→ Horaires : accès libre et gratuit à toute heure
→ Accès et signalétique
– Fléchage « Biennale épHémères » sur la D660 et sur la Voie verte
→ dans le village : 2 accès
• le Chemin des Fontaines est une impasse, stationnement recommandé le long de la D660, accès piétonnier préférable : accès au lavoir et au port
• le chemin du Moulin de la Ressègue amène au bord du canal de Lalinde, près du bassin des écluses : stationnement pour 4 à 5 véhicules ; accès au port puis au lavoir en aval.

Promenade bucolique et artistique à Tuilières sur la Voie verte le long de la Dordogne
→ En aval sur la Voie verte, aménagée depuis le port de Tuilières, à quelques centaines de mètres : au lavoir de Tuilières, réalisation artistique des élèves des métiers de l’électricité et en chaudronnerie industrielle du Lycée des métiers Sud Périgord-Hélène Duc de Bergerac (professeurs : arts appliqués, Rosario Marrero-Naissant
En amont sur la Voie verte qui n’est pas encore aménagée, à quelques centaines de mètres : Pedro Marzorati, Where the Tides ebb and flow, bassin des écluses de Tuilières
→ Et si vous remontez encore, tout près, juste en amont des écluses, sur le chemin entre canal de Lalinde et usine hydroélectrique EDF…
En 2017, la Biennale épHémères #6 avait invité l’artiste Jean-François NOBLE et les élèves apprentis chaudronniers (RCI-1) du Lycée des métiers Sud Périgord-Hélène Duc de Bergerac, avec leur professeur Olivier Chiarla. Un partenariat avec EDF UP-Centre avait permis de les accueillir dans l’espace public de la centrale hydroélectrique de Tuilières, sur la commune de St Capraise de Lalinde.
De l’oeuvre
Saumon becquart à l’échelle du ciel, on peut toujours voir les montages photographiques de Jean-François NOBLE (en collaboration avec Michel LOISEAU) et les « toits-écailles de saumon » réalisés par les lycéens pour les panneaux d’information qui abritent aussi les photographies.

En dehors des heures d’ouverture de l’Espace public EDF, on peut apercevoir une partie de l’œuvre et les « toits-écailles de saumon » depuis le chemin qui longe le canal.
Visites possibles de l’Espace public d’EDF et de l’ascenseur à poissons du barrage de Tuilières
Horaires : du 9 juillet au 1er septembre de 10h à 12h30 et de 14h à 19h.

Pour se faire une idée : Les balades d’EpHémères 2015 : balade sous le regard des animaux, au Barrage EDF de Tuilières

♦ Toutes les Infos pratiques


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