2015 Une heure, un artiste : rencontre avec Erik SAMAKH

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2015 Residence E SAMAKH rencontre

Dans le cadre des
« Résidence(s) de l’art en Dordogne »
rencontre au château de Monbazillac avec un artiste 

Erik SAMAKH

Pour débuter la rencontre, Violaine Marolleau, de l’Agence culturelle Dordogne-Périgord, explique le dispositif des Résidence(s) de l’Art en Dordogne.

Puis Annie Wolff, présidente des Rives de l’Art présente Erik SAMAKH : contacté pour participer à des Ephémères, l’artiste n’avait pu répondre aux invitations.
Sa candidature aux Résidence(s) de l’Art en Dordogne était donc une magnifique opportunité de voir enfin Erik SAMAKH écouter nos paysages et installer ses oeuvres dans le site élargi du château de Monbazillac.

2015 Rencontre Erik SAMAKH (1)

V. Marolleau et E. Samakh ; photo Les Rives de l’Art

Erik SAMAKH commente alors un choix de ses œuvres depuis ses débuts en 1983.
Sa passion pour l’écoute des sons de la nature et son intérêt pour les nouvelles technologies se retrouvent constamment dans son travail.
Dans les oeuvres d’Erik SAMAKH, le spectateur devient très souvent acteur : présence, attitude, mouvements, bruits, chaleur…,  ces éléments peuvent être repérés par des capteurs divers, selon le choix de l’artiste ; au gré de sa programmation, restitutions sonores et effets visuels se déclenchent ou s’arrêtent en fonction des éléments choisis : la technologie au service de l’art, de la poésie des oeuvres… et de la nature !

Cueillir les sons

Dès le début de son parcours au début des années 80, et malgré les difficultés techniques liées à la lourdeur et au manque d’autonomie des matériels, Erik SAMAKH sillonne la France et le monde à la recherche de sons à enregistrer : dans la jungle ou dans le désert, en campagne ou en ville, il capte et cueille les sons de la nature, de l’environnement voire même de lieux de vie..

(photos ©Erik Samakh ou photographe mentionné)

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Donner à voir et entendre autrement un paysage, un lieu, ou une oeuvre dans une salle d’exposition

Restituer les sons… ailleurs que dans le lieu où ils ont été captés, ou à un autre moment, en extérieur ou en intérieur

 capteurs solaires

Fort utiles pour l’alimentation des appareils d’enregistrement, ils sont de plus très présents dans les oeuvres d’Erik SAMAKH et permettent d’alimenter robots, cartes sonores, flûtes solaires, lucioles…

En 1993-1994, alors qu’il est en résidence à la villa Médicis à Rome, Erik SAMAKH installe une ronde de jarres sonores, munies de capteurs solaires : selon la météo, le visiteur peut entendre un concert de fontaines, plus ou moins fort en fonction de l’intensité du soleil… ou ne rien entendre du tout…
Cette oeuvre a été adaptée en 1999 pour le Parc naturel régional de Lorraine. (photo © Erik Samakh)

Erik SAMAKH, Fontaines solaires 1993-94 ; Capteurs solaires, pompes, eau, jarres ; Conception à la Villa Medicis, Rome ; Vue au Parc naturel régional de Lorraine, 1999 Photo © Érik Samakh

Erik SAMAKH, Fontaines solaires 1993-94 ; Capteurs solaires, pompes, eau, jarres ; Photo © Érik Samakh

les robots, modules acoustiques autonomes

Dans les années 90, (presque à la préhistoire de l’informatique, des cartes sons, de la programmation et des capteurs solaires !) Erik SAMAKH crée des robots autonomes capables de restituer dans un site les sons déjà enregistrés ; alimentés par des capteurs solaires, ces modules acoustiques autonomes donnent à écouter les sons selon la programmation d’Erik SAMAKH.
C’est ainsi que le marais poitevin a été envahi en soirée par les chants de grenouilles tropicales (entre autres sons), incitant les grenouilles locales à redoubler d’intensité dans leurs coassements : les visiteurs étaient plongés dans cette ambiance étonnante au gré de leur ballade en barque, le soir tombant.
Autre ambiance, mais toujours avec des « robots », au Crestet centre d’art, de Vaison la Romaine en 1995 : entre chiens et loups est « une installation sonore dans les arbres composée de modules acoustiques autonomes se déclenchant à la tombée du jour ». (photo © Erik Samakh)

Erik SAMAKH ; Entre chiens et Loups 1995 ; Vues du montage de l'exposition ; Installation sonore dans les arbres, composée de modules acoustiques autonomes se déclenchant à la tombée du jour ; Crestet centre d'art, Vaison la Romaine ; © Photographies Érik Samakh

Erik SAMAKH ; Entre chiens et Loups 1995 ; Vue du montage de l’exposition, Crestet centre d’art, Vaison la Romaine ; © Photo Érik Samakh

les flûtes solaires

La découverte des propriétés et de la solidité des bambous donne à Erik SAMAKH l’idée d’allier bambous et capteurs solaires pour créer des flûtes solaires.
Les flûtes solaires d’Erik SAMAKH « chantent » et déploient leurs harmoniques au gré de la force du vsoleil : l’artiste les accroche haut, très haut dans les arbres à l’aide d’une très longue perche et peut les laisser longtemps en place.
Désormais, le tube en bambou est remplacé par un tube en métal léger. (Photo ©Pedro Lobo)

Détail d’une des 20 flûtes solaires installées dans la forêt de Tijuca, Rio de janeiro, Brésil en 2001 Photo ©Pedro Lobo

Détail d’une des 20 flûtes solaires installées dans la forêt de Tijuca, Rio de janeiro, Brésil en 2001 ; Photo ©Pedro Lobo

Entre 1997 et 2005, sous le titre générique Les joueurs de flûte, Erik SAMAKH installe ses flûtes solaires aussi bien à Santiago du Chili et au Brésil (dans la forêt de Tijuca à Rio) en 2001, qu’en France (CIAP de Vassivière en 2003, forêt du pays de Barret du Bernstein en 2004-acquises par le FRAC Alsace),.. quelques lieux parmi d’autres.

Installations de flûtes solaires en 2007 et 2008

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En Italie, la population n’avait pas été prévenue de l’installation des flûtes solaires… et, durant 2 ans, les légendes locales ont refleuri !

lucioles, graines de lumière, pierres de lumière…

Alimentée par l’énergie d’un capteurs solaire, une diode lumineuse, parfois clignotante, offre un point lumineux dès la tombée du jour.

Sur l’île de Vassivière, en Limousin, depuis 2003, les 350 « graines de lumière » installées à la cime des arbres et réparties sur les 70 ha de l’Ile, visibles depuis l’autre rive du lac. clignotent dans la nuit jusqu’à épuisement de leur énergie emmagasinée pendant la journée. (photos ©Marc Domage  / Tutti)


Au château de Chaumont, dès l’approche de la nuit, les points lumineux rappelant des lucioles mettent de la poésie dans le paysage. Suspendus à des cannes de bambous dans la prairie, les 275 modules lumineux ont été décrochés et transportés dans les arbres du parc en 2008 et 2009 pour l’exposition lucioles, pièces d’eau et flûtes solaires. (photos ©Anthony Morel)

Pour la Nuit des Musées en 2013, Le Musée Rodin a accueilli deux installations d’erik SAMAKH dont pierres de lucioles, dix blocs de pierre émaillés de « lucioles », posés dans le jardin afin de lui donner une dimension poétique.

Erik SAMAKH ; 2013 ; Installation

Erik SAMAKH ; 2013 ; Installation « pierres de lucioles » au Musée Rodin, Paris

Installations en intérieur

L’interactivité du visiteur avec les oeuvres d’Erik SAMAKH prend une place très importante lors des expositions en intérieur. (photo © Erik Samakh)

Erik SAMAKH,

Erik SAMAKH, « Animal en cage » 1988 ; Vue d’exposition Made in France, Beaubourg, 1997 ; Collection du FNAC ; Photo ©Érik Samakh

Devant animal en cage, les visiteurs voient une cage vide mais, selon leurs gestes, leurs attitudes, leurs bruits, leur nombre, des sons d’animaux se font entendre ou s’arrêtent, la cage s’éclaire ou devient sombre.

Cannes sonores

D’abord cannes de bambous de 8 à 10 cm de diamètre et 7 m de long, entièrement évidées et dotées de cartes électroniques sonores, les cannes sonores sont désormais d’une longueur variable, fabriquées en aluminium thermolaqué et équipées d’une carte son. Elles peuvent s’allier à des capteurs solaires, extérieurs à l’installation, pour restituer les sons programmés par Erik SAMAKH. (Photo ©Marc Domage)

Erik SAMAKH ;

Erik SAMAKH ; « Bambous et petites voix » 2004 ; Installation sonore ; cannes de bambous ; Moulin de la Recense, Ventabren, Arborescence ; Photo ©Marc Domage

Pièces d’eau

Simple miroir d’eau reflétant l’architecture remarquable d’un lieu ou piscine couverte d’une pellicule de lentilles d’eau, les pièces d’eau sont généralement accompagnées d’installations sonores. (photos ©Erik SAMAKH)

Zones de silence

Ces bacs reprenant la forme du lieu d’exposition et plantés de bambous de différentes variétés sont autant d’invitations à écouter le silence… et tous les bruits qui peuvent le composer.
Les bambous sont ensuite replantés sur le terrain d’Erik SAMAKH et deviendront une « zone de silence » en extérieur. (photo ©Erik SAMAKH)

Erik SAMAKH, Zone de silence (prototype) 1996 ; Zone de silence (prototype) 1996 ; Galerie des archives, Paris ; Photo ©Érik Samakh Photographie Érik Samakh

Erik SAMAKH, Zone de silence (prototype) 1996 ; Zone de silence (prototype) 1996 ; Galerie des archives, Paris ; Photo ©Érik Samakh

Erik SAMAKH et le Centre International d’Art et du Paysage (CIAP) de Vassivière, en Limousin

Dans son parcours artistique, Erik SAMACK semble avoir tissé un lien particulier avec l’Ile de Vassivière et le CIAP.

En 1984, dans le cadre du symposium de sculptures en granit, le Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière (CIAP) lui offre l’occasion de découvrir l’Ile de Vassivière et d’y installer sa 1ère œuvre, Lieu d’écoute .
Invité en résidence par le CIAP en 2002/2003, il y crée plusieurs oeuvres : le lac, pièce d’eau éphémère installée dans la nef du centre d’art, les joueurs de flûte dans la forêt, graines de lumière sur les arbres des rives ainsi que Les rêves de Tijuca, après la tempête. Pour cette dernière création, une parcelle d’un hectare et demi est plantée de 2500 arbres et arbustes (54 espèces), après un défrichage manuel réalisé à l’automne 2002. « La biodiversité générée par cette plantation mixte doit modifier le paysage sonore de l’île de Vassivière. » (Photos ©Marc Domage / Tutti)

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En conclusion

Erik Samakh a développé d’autres concepts, fait d’autres installations, dans lesquelles sons, technologie, interactivité, poésie… et imagination ont autant de place que dans les oeuvres présentées ci-dessus.
Savourer une oeuvre d’Erik SAMAKH peut prendre parfois une drôle de tournure. L’’artiste, comme les commanditaires et les visiteurs, doivent faire avec la part d’aléatoire liée à la météo, ce qui, quelquefois, peut susciter bien des déceptions : comment écouter une flûte solaire ou entendre murmurer des fontaines un jour sans soleil ? Mais lorsque les conditions sont réunies, la poésie, l’étonnement, l’écoute sont totalement au rendez-vous.

Cueilleur de sons, capteur de lumière, Erik SAMAKH installe la poésie dans les sites où il place ses œuvres, sollicitant l’écoute attentive du visiteur et souvent son interaction avec l’œuvre, lui permettant de voir et écouter le lieu autrement.

L’association Les Rives de l’Art remercie vivement Erik SAMAKH pour son aimable autorisation concernant l’utilisation de photographies de son site internet.

  la Résidence d’artiste d’Erik SAMAKH                                    Biennale Ephémères #5                                     

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